TIBALA

Chers amis de la liberté et de la souveraineté des peuples, La démocratie ne s'impose ni par la force, ni de l'étranger pas plus qu'elle ne s'achète ! Elle se construit pas à pas dans le respect des peuples et de leurs institutions souveraines. Mais courage, résistons et soutenons le souverainiste Laurent GBAGBO car son combat, c'est aussi le nôtre, celui de tous les citoyens libres et égaux en droit. Après avoir armé, formé, financé, renseigné et protégé les rebelles de OUATTARA depuis 2002, la France a imposé son poulain à la tête de la Côte d'Ivoire pour garder la mainmise sur les richesses de ce pays (pétrole, cacao, café,...). Elle participe activement à l'épuration ethnico-politique qui se poursuit dans l'indifférence coupable tant de la Communauté Internationale que des média et des partis de gouvernement.

vendredi 20 septembre 2013

19 SEPT 2002/19 SEPT 2013 : LES LARMES DE LA FRANCIVOIRE




Nous Ivoiriens, Africains et militants du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes sommes  ici réunis pour rendre hommage aux victimes du coup d’Etat sanglant du 19 septembre 2002 qui se poursuit avec l’installation et le maintien au pouvoir du régime liberticide d’Alassane Dramane OUATTARA. Le plus grand hommage que nous puissions rendre à toutes celles et ceux qui ont donné leur vie pour une CÔTE D’IVOIRE libre et indépendante, c’est encore de poursuivre le combat.
« S’il y a une chose que je ne supporte pas, c’est la soumission. Surtout quand elle engage la vie de tout un peuple. Mes convictions ne sont pas négociables. Tant pis si j’en paie le prix. Je n’accepterai jamais que mon pays soit soumis pour l’intérêt d’un autre peuple ou d’une autre Nation fut-elle la France » Laurent GBAGBO. Fidèles aux valeurs défendues et incarnées par le Président Laurent GBAGBO, nous condamnons l’accès  au pouvoir par la force, surtout lorsque les solutions pacifiques proposées n’ont pas été mises en œuvre. Nous accusons les autorités de fait d’ABIDJAN de gouverner  par la Terreur aussi bien sur leur opposition que sur les forces vives de la Nation, que cela soit en matière d’atteintes à la liberté de la presse, d’entraves aux droits politiques et syndicaux et autres privations de libertés fondamentales (1).
Soucieux de préserver la paix et de réconcilier les Ivoiriens entre eux, le Président Laurent GBAGBO n’a cessé de faire des concessions pendant ses 8 années passées à la tête d’un Etat pourtant amputé de 60% de son territoire et en proie à de violentes tensions ethnicopolitiques sur fond d’ingérence extérieure.
Pour ce faire, il a accepté des Gouvernements d’Union Nationale ; il a fait revenir et assurer la protection des exilés, à commencer par BEDIE et OUATTARA eux-mêmes ; il a promulgué des lois d’amnistie en contrepartie d’un désarmement qui n’est jamais venu et a même fini par céder aux pressions internationales en acceptant des élections encadrées par des instances où son parti était minoritaire,…
Le Gouvernement français, au mépris de la souveraineté ivoirienne n’a cessé de prendre le parti d’un camp contre l’autre et a pesé d’une façon décisive dans l’avènement d’Alassane Dramane OUATTARA à la tête de la CÔTE D’IVOIRE. La responsabilité de la FRANCE est donc engagée dans la tragédie ivoirienne.
Quid du refus de faire jouer les accords de coopération militaire en 2002 en dépit de l’implication avérée et persistante du BURKINA FASO ? Quid de la tragédie du peuple Wê, exproprié et exterminé par des massacres récurrents depuis 2002 ? des affaires de BOUAKE, de la fusillade de l’Hôtel Ivoire de 2004 ? De la disparition de Guy André KIEFFER toujours non élucidée ? De l’affaire MAHE ? Des assassinats de Philippe REMOND à YAMOUSSOUKRO ? De l’enlèvement et de l’assassinat de Stéphane Frantz di RIPPEL et d’Yves LAMBLIN  à ABIDJAN ? Des exactions sur les proches et les partisans de GBAGBO presque en direct sur nos écrans ? Des exécutions sommaires, des milliers de prisonniers politiques enfermés et torturés en dehors de toute procédure légale depuis le 11 avril 2011 ?
On peut se tromper de bonne foi -encore qu’il n’était pas difficile de prévoir que les chefs rebelles sanguinaires que la France soutenait n’allaient pas se transformer en ardents défenseurs de la démocratie une fois au pouvoir (2)- mais persister volontairement dans l’erreur en collaborant avec un régime qui n’a aucun respect pour la vie humaine ainsi qu’en attestent les nombreux dossiers probants que nous relayons auprès de vous depuis plus de deux ans relève de la complicité criminelle. Combien encore d’ORADOUR SUR GLANE en CÔTE D’IVOIRE à l’instar des tragédies de GUITROZON, BOUAKE, DUEKOUE, ANONKOUA KOUTE, NAHIBLY avant que la France cesse de soutenir ce régime liberticide ?
Pour toutes les victimes illustres ou anonymes de cette guerre néocoloniale qui ne dit pas son nom, il est certes trop tard, et nous ne pouvons pas ne pas évoquer la mémoire de certains de nos martyrs pour ne citer que ceux là : Boga DOUDOU, Désiré TAGRO, Bohoun BOUABRE ou encore Mahan GAHE décédé lundi dernier des suites de tortures et autres sévices subis pendant ses 20 mois d’incarcération arbitraire (3).
En revanche, il est encore temps d’agir pour tous ceux qui sont actuellement exilés, injustement privés de liberté, ou encore torturés, à commencer par le Président Laurent GBAGBO (toujours enfermé à LA HAYE alors que la CPI a reconnu qu’elle n’avait pas de preuves suffisantes contre lui), la Première Dame Simone EHIVET GBAGBO,  Blé GOUDE, Yves DIGBOPIEU sur l’état sanitaire desquels toutes les inquiétudes sont permises. Il est encore temps de dénoncer tant l’incarcération elle-même que les conditions de détention de centaines de prisonniers politiques qui sont nombreux à être maintenus au secret et à subir des exactions de toutes sortes (privation de soins et d’alimentation, refus de contacts extérieurs,…) (4).
Mais la solution politique existe pour que la Côte d’Ivoire redevienne un Etat de droit et que les Ivoiriens cessent de s’entredéchirer. Elle a été rappelée par Laurent GBAGBO a plusieurs reprises :
 « Nous avons besoin de la démocratie...La démocratie, c’est le respect des textes. Qui ne respecte pas le Constitution, n’est pas démocrate. C’est parce que j’ai respecté la Constitution que je suis ici. Je compte sur vous parce que je souhaite que tous les Africains qui me soutiennent et qui sont tout le temps ici devant la Cour, devant la prison, qui sont dans leurs pays en train de manifester, en train de marcher, tous ces Africains-là comprennent que le salut pour les Etats africains, c’est le respect des Constitutions que nous nous donnons et des lois qui en découlent. » (Extrait de l’intervention de Laurent GBAGBO du 28 février 2013 devant la CPI)
Nous avons donc souhaité commémorer cette triste date du 19 septembre 2002 ici devant l'Assemblée Nationale pour exhorter les représentants du peuple qui tirent leur légitimité du suffrage universel- à exercer leur devoir de contrôle de l'activité gouvernementale surtout en matière de politique étrangère car -ne l'oublions pas- la FRANCE agit au nom du peuple français, donc en notre nom.  
En ce jour de deuil pour la CÔTE D’IVOIRE, nous réitérons solennellement nos précédentes demandes d’ouverture d’une commission d’enquête sur le rôle de la Force Licorne en Côte d’Ivoire, initiative  déjà engagée par un groupe de parlementaires  en juillet 2011 et 2012 mais toujours en souffrance devant la Commission de la Défense et des Forces Armées (5) ?
Nous sommes loin d’être les seuls à exiger que vérité soit faite sur le rôle de la France dans des crises africaines, surtout dans ses ex-colonies,  qu’elle a coutume de considérer comme son pré carré. Ainsi de nombreux Comités de soutien ont vu le jour et attendent toujours que justice soit rendue à Fahrat HACHED (1952), Mehdi BEN BARKA (1965), Thomas SANKARA (1987) ou encore plus récemment IBNI (2008),…
"Le véritable courage consiste à dénoncer les crimes commis par son propre camp et non ceux commis par l’adversaire."  Bertrand RUSSELL
Une autre AFRIQUE-FRANCE est possible, nous en sommes convaincus. Et si vous n’y contribuez pas par humanisme, faites le dans la défense de vos intérêts à long terme bien compris, car la FRANCE a tout à gagner à laisser se développer une AFRIQUE libre et indépendante qui deviendra un partenaire riche et solvable, mais dans le respect des peuples qui y vivent.
« La Côte d’ivoire a les moyens de vivre sans endettement excessif, pourvu qu’elle ait la pleine et libre administration de ses richesses. Je reste convaincu que c’est l’une des raisons pour lesquelles nous sommes victimes des attaques que nous subissons. »  Laurent GBAGBO

lundi 16 septembre 2013

Mort pour avoir défendu la liberté syndicale

C’est avec une profonde tristesse que nous apprenons le décès de Mahan GAHE. Nous nous inclinons tout d’abord devant la douleur de ses proches, de ses amis, des camarades de la confédération syndicale Dignité et de toutes celles et ceux qui partagent son combat pour la défense des intérêts des travailleurs contre le capitalisme néocolonial.  Arrêté en avril 2011, celui qui présidait aux destinées de  Dignité (premier syndicat libre du pays) a fini par succomber aux tortures physiques et morales qu’il avait endurées pendant près de deux ans (http://nouveaucourrier.net/apres-avoir-ete-torture-par-les-frci-le-syndicaliste-mahan-gahe-tres-tres-malade/).
Que lui reprochait-on ? Avoir refusé de suivre le candidat de la Communauté internationale dans son opération ville morte destinée à écarter  Laurent GAGBO du pouvoir. Voilà d’ailleurs ce qu’il répondait courageusement au juge qui l’auditionnait pour la première fois après plus d’un an d’incarcération arbitraire :
«  Le juge qui prend la parole le premier dit à Mahan Gahé : « Monsieur Mahan vous êtes accusé d’avoir lancé un contre-appel aux travailleurs pour leur demander de désobéir à l’ordre du président qui appelait à cesser de travailler… ».
Voilà ce que répond le prisonnier politique:
« Monsieur le juge, vous me faites peur ! Vous me faites peur parce que vous êtes censé appliquer la loi. Mais il me semble que vous ne la connaissez pas. J’ai donc peur que vous appliquez autre chose que la loi dans cette affaire qui me concerne. D’abord de quel président parlez-vous ? Si c’est du président Alassane Ouattara que vous parlez, ce que je devine aisément, il n’était pas encore président quand j’ai lancé mon appel. Je ne pouvais donc pas lui avoir désobéi avant qu’il n’ait été reconnu comme tel par le Conseil Constitutionnel qui avait déjà investi son adversaire ».
Il a été reconnu par la communauté internationale, a relancé le juge.
« Vous me faites encore plus peur. Mais soit, supposons que ce sont les Ivoiriens qui votent et c’est la communauté internationale qui proclame les résultats, le président élu n’est pas comme moi un leader syndical pour lancer des grèves et appeler à saboter l’économie du pays qu’il est appelé à diriger. Je comprends que mon crime est d’avoir souhaité que les Ivoiriens travaillent pour sortir leur pays du sous-développement… j’étais loin de penser qu’un chef d’Etat aurait pu prendre cela pour un crime gravissime». »
OUATTARA et ses riches amis du CAC40 (Armajaro, Bouygues, Bolloré, Dreyfus, SIFCA,…) peuvent se réjouir. Ce grand syndicaliste épris de justice et d’équité ne sera plus là pour faire obstacle à leurs vastes projets de spéculations et autres entreprises lucratives au détriment des travailleurs. Tous ceux qui ont ferraillé avec lui reconnaissent son intégrité et sa détermination dans la mobilisation, y compris les gouvernements qui se sont succédé sous Laurent GBAGBO avec lesquels il n’était pourtant pas tendre dans les négociations, et ce en dépit des sympathies qu’on lui prêtait avec ce régime.  
Comme d’autres avant lui, Mahan GAHE a défendu jusqu’à la mort les principes d’indépendance et de liberté syndicale, revendiquant la liberté de faire grève dans le cadre d’un syndicalisme de revendications, mais refusant l’obligation de faire grève à l’appel d’une autorité quelle qu’elle soit, qui plus est illégitime.
Mahan GAHE a rejoint la longue liste des martyres de la Côte d’Ivoire libre et indépendante (http://contrepoids-infos.blogspot.fr/), mais aussi de tous ceux qui placent très haut le combat pour la défense des valeurs démocratiques contre la prédation capitaliste d’où qu’elle vienne. Après sa libération provisoire en décembre dernier et le non lieu  dont il a bénéficié en janvier de cette année, la CGT l’a d’ailleurs mis à l’honneur au 50ème Congrès de TOULOUSE en rendant hommage à son courage et à son abnégation  (http://www.youtube.com/watch?v=PZPt_CDJyGw).
Sa tragique disparition nous rappelle l’impérieuse nécessité de continuer et d’accélérer le combat pour le retour à un état de droit en Côte d’Ivoire. Outre les centaines de prisonniers politiques illustres ou anonymes qui croupissent toujours dans des conditions inhumaines dans les nombreux Guatanamo ivoiriens, il y a toutes celles et ceux qui sont détenus au secret et sont en proie à des tortures quotidiennes. Ils doivent non seulement être remis en liberté, mais également réintégrés dans la plénitude de leurs droits (dégels des avoirs, indemnisations, prises en charge sanitaires,…). Et c’est ce que le décès de Mahan GAHE dans ces conditions réaffirme : libérer tous les prisonniers politiques est certes une condition nécessaire à la réconciliation des Ivoiriens, mais elle est loin d’être suffisante (http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2013/08/liberation-de-prisonniers-politiques-en.html). Ce que d’aucuns ont intérêt à faire croire –à commencer par ceux qui sont au pouvoir et tous ceux qui les ont aidés à s’y installer- que la crise ivoirienne se résumerait à un affrontement entre deux camps politiques au détriment de la population civile- s’avère en fait un véritable conflit de valeurs. Paralyser l’opposition, éradiquer la liberté syndicale, favoriser un retour d'exil sans garanties, porter atteinte à toutes les libertés fondamentales (se réunir, manifester, faire ou ne pas faire grève en l’occurrence, s’exprimer), voilà le  mode de gouvernance choisi par le Régime OUATTARA. Mais il ne saurait se maintenir au pouvoir sans le soutien de l’OCCIDENT et de la France en particulier. Car s’il est vrai comme le disait Noam CHOMSKY que « La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures », il nous appartient d’exiger que la France rende compte de son rôle dans la situation actuelle de la CÔTE D’IVOIRE et dans celles de nombreux autres pays qu'elle considère comme  son pré carré.
« Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre » disait CHURCHILL. A nous de prendre acte du désir des Ivoiriens en particulier et des peuples en général de vivre en paix, mais à nous également de ne pas laisser falsifier l’Histoire par ceux qui y ont intérêt en inversant la victime et le bourreau.