TIBALA

Chers amis de la liberté et de la souveraineté des peuples, La démocratie ne s'impose ni par la force, ni de l'étranger pas plus qu'elle ne s'achète ! Elle se construit pas à pas dans le respect des peuples et de leurs institutions souveraines. Mais courage, résistons et soutenons le souverainiste Laurent GBAGBO car son combat, c'est aussi le nôtre, celui de tous les citoyens libres et égaux en droit. Après avoir armé, formé, financé, renseigné et protégé les rebelles de OUATTARA depuis 2002, la France a imposé son poulain à la tête de la Côte d'Ivoire pour garder la mainmise sur les richesses de ce pays (pétrole, cacao, café,...). Elle participe activement à l'épuration ethnico-politique qui se poursuit dans l'indifférence coupable tant de la Communauté Internationale que des média et des partis de gouvernement.

jeudi 28 août 2014

Kofi YAMGNANE : les dessous d’un retournement de veste dans la crise ivoirienne

Les girouettes nous fatiguent mais elles donnent le sens du vent ! 

Dans une interview accordée à l’Inter, un quotidien ivoirien, Kofi YAMGNANE franchit encore un pas dans le « girouettisme », art dans lequel excelle cet ancien Ministre de MITTERRAND. Ainsi la défense qu’il apporte aujourd’hui à Laurent GBAGBO ne saurait s’apprécier qu’à l’aune du soutien inconditionnel dont il gratifiait hier Alassane OUATTARA qu’’il a reconnu comme vainqueur des élections de 2010. Il ira même jusqu’à attiser le feu ethno-religieux dans le sens d’une légitimité des rebelles à revendiquer le pouvoir et à le prendre par la force et avec l’aide de la France tout en faisant semblant de préférer une solution pacifique. Petit retour sur ce qu’il n’hésitait pas à déclarer le 7 décembre 2010 :
« Que vous inspire la crise politique que traverse actuellement la Côte d'Ivoire? 
Sur le principe démocratique, il est évident qu'il faut soutenir Alassane Ouattara: la commission l'ayant déclaré vainqueur avec 54% des suffrages. Qui plus est, ce résultat est probablement encore en dessous de son véritable score. Au premier tour, Gbagbo avait fait 38%, Ouattara 32% et Bédié 25%. Ouattara représente une grosse partie de la population, les Dioulas, qui occupent le nord du pays. Bédié, lui, est issu de la communauté Baoulé et avait appelé à voter pour Ouattara. Ce genre de consigne est généralement très suivi, ce qui fait que le score de Ouattara se situe, en réalité, autour des 57%. 
Comment voyez-vous la situation évoluer dans les prochains jours? 
Les Dioulas et les Baoulés ne se laisseront pas voler la victoire par les Bétés (la communauté que représente Laurent Gbagbo). Tout cela va forcément aboutir à un conflit armé, c'est une évidence. Et ce d'autant plus que «les forces nouvelles», qui représentent la moitié de l'armée ivoirienne (l'autre moitié soutenant Gbagbo, NDLR), ont annoncé qu'elles «ne resteraient pas longtemps les bras croisés». Il faut savoir que les vrais guerriers (sic) du pays se trouvent dans ces «forces nouvelles».
Voir l’article dans son intégralité : Interview de Kofi YAMGNANE dans le Télégramme du 07 décembre 2010

Qui instrumentalise la question ethnique dans cette analyse ? Qui reprend comme une vérité établie la thèse de la victoire de OUATTARA aux élections présidentielles sur la base de la seule certification des résultats provisoires de la Commission Electorale Indépendante et encore alors que le délai imparti est forclos et que le Président de la CEI a proclamé ces surprenants résultats sans respecter la règle acceptée de l’unanimité dans le QG de OUATTARA. Bref, YAMGNANE s’est gravement fourvoyé… De bonne foi ? Si tel était le cas, il serait alors vraiment d’une naïveté, voire d’une niaiserie peu compatible avec son parcours et son aspiration aux plus hautes fonctions de l’Etat togolais ! Et puis comment prétendre qu’il ignorait tout des réserves faites au même moment par son compatriote Joseph KOFFIGOH sur le prétendu bon déroulement des élections ? Ce dernier, Chef de la « Mission des Observateurs de l’Union Africaine » en Côte d’Ivoire fait des révélations extrêmement graves dans son rapport, sur la « conduite du scrutin », les « assassinats », les « arrestations », « emprisonnements », « vols », «pillages », « fraudes massives » dans la région du nord du pays : Lien vers le rapport de Joseph KOFFIGOH sur les élections présidentielles ivoiriennes de 2010.

Alors oui, nous prenons note que Kofi YAMGNANE ensuite déclaré en avril 2012 que : « l'Histoire d'Afrique nous enseigne que quels que soient les crimes commis par un « chef africain », il est inconcevable que celui-ci soit livré pieds et poings liés par les siens à un chef étranger à des fins de jugement ». Et de comparer OUATTARA à Nelson MANDELA qui aurait dû régler le contentieux comme ce dernier l’a fait avec Frédéric DE KLERK. Là encore assimiler la responsabilité de Laurent GBAGBO à celle des dirigeants de l’Apartheid, c’est digne du canular du siècle, tant il est vrai que s’il y a une parenté à établir entre la Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud, ce serait plutôt de rappeler que MANDELA a été traité de terroriste pendant plus de 30 ans par l’Occident avant d’être récupéré comme le symbole de l’accession démocratique et non violente au pouvoir. Au palmarès du ridicule, M. YAMGNANE aurait une place de choix. Seule avancée notable dans cet article que vous pouvez retrouver sur l’excellent Gri-Gri International sur : YAMGNANE : Ouattara doit demander le retour de Laurent GBAGBO dans Nouvelle Afrique Magazine, il reconnaît que la Côte d’Ivoire est ingouvernable sous OUATTARA et que la réconciliation ne peut se faire sans GBAGBO.

Tout récemment, l’ex-futur Monsieur HOLLANDE en matière de politique étrangère africaine est allé encore beaucoup plus loin avec la reconnaissance de la victoire de GBAGBO aux élections… Dans une interview donnée à l’Inter le 26 août 2014, Kofi YAMGNANE affirme ainsi que le livre  "Pour la vérité et la justice de François MATTEI « apporte des preuves qu’il (Gbagbo) avait réellement gagné les élections de 2010 » (voir "C'est GBAGBO qui a gagné les élections" YAMGNANE 260814 INTER). En revanche, il ne semble pas en tirer les conséquences qui s’imposent : si GBAGBO a gagné les élections, alors c’est OUATTARA et la France qui ont mis le pays à feu et à sang en s’attaquant au régime légal de Laurent GBAGBO renouvelé dans son mandat de Président de la République et c’est donc eux qui sont responsables des « 3000 morts de la crise postélectorale » (estimation nettement sous-évaluée aussi partiale que partielle que nous contestons mais que nous reprenons ici à décharge pour le Président Laurent GBAGBO dans la mesure où ce sont les chiffres officiels que les médias et autres institutions au service de l’Organisation des Nantis Unis qui nous dirigent ont repris urbi et orbi pour déporter Laurent GBAGBO, Blé GOUDE et peut-être même bientôt Simone GBAGBO à LA HAYE).

Un peu comme dans le phénomène bien connu des Résistants de la dernière heure, il est bon de constater que nombre des contempteurs de Laurent GBAGBO d’hier, reconnaissent aujourd’hui qu’il est bien le vainqueur des dernières élections présidentielles ivoiriennes… Quant à déplorer qu’il ait été livré à la CPI au lieu d’être jugé par ses pairs en Afrique, cela rappelle l’histoire très médiatisée de ce Noir Américain injustement accusé d’un crime qu’il n’avait pas commis et heureusement reconnu innocent alors qu’il attendait son exécution dans les couloirs de la mort. On le maintint en prison car s’il était innocent des crimes qui l’avaient conduit là, on estimait devoir sanctionner ses tentatives d’évasion pour échapper à la peine de mort pour un crime qu’il n’avait pas commis ! Logique de l’absurde quand tu nous tiens ! 

De surcroît, et là nous interrogeons la sincérité de cet aspirant togolais aux plus hautes fonctions de l’Etat, ancien Ministre de MITTERRAND et proche de HOLLANDE, Kofi YAMGNANE s’appuie sur les « révélations » supposées du livre de François MATTEI pour justifier sa volte-face. Il a le droit d’essayer, mais à nous de lui rappeler que de nombreux documents, ouvrages, films, témoignages attestaient de la victoire de Laurent GBAGBO, de la félonie de OUATTARA et de ses alliés occidentaux, France loin devant, sans qu’il soit besoin de recourir à la fable du « je ne savais pas » et du vraisemblablement imminent : « si j’avais su ».

Alors que reste-t-il du récent « coming out » pro-Gbagbo de Kofi YAMGNANE qui est allé jusqu’à adhérer à l’association des amis de Laurent GBAGBO ? Doit-on le passer par pertes et profits et le vouer aux gémonies pour « petite entente avec l’ennemi néocolonial » qu’il prétend combattre ? Doit-on exiger des aveux et une cérémonie où il exprimerait publiquement s’être trompé pour avoir soutenu OUATTARA et appelé la France à intervenir militairement ? En tous les cas, la question mérite d’être posée du traitement des personnalités qui changent leur fusil d’épaule dès lors que la vérité ne peut plus être occultée sur l’installation d’un régime aussi illégitime que liberticide en Côte d’IVOIRE par la force et par la France (Lien vers un mémorandum en images non exhaustif de la crise ivoirienne : Mémorandum en images de la crise ivoirienne)… Nul doute que nous sommes encore très minoritaires à partager ce point de vue tellement le travail de falsification de l’histoire et d’inversion de la victime et du bourreau a été bien mené, mais avoir besoin de relais dans l’opinion publique ne signifie pas forcément que nous devions accepter tous les ralliements sans sourciller, ni reniements dénoncer.

Comme nous le rappelle Joseph TAKELI dans un texte de février 2012 (Réaction de Joseph TAKELI à l'interview de YAMGNANE ) et encore plus celui au vitriol de Seyive AHOUANSOU paru au même moment fustigeant les « Bamboozled » et autres « nègres de maison » selon la catégorisation revisitée de Malcom X (Seyive AHOUANSOU fustige les Bamboozled 160212 ), les ambitions politiques et la stratégie occulte des amis socialistes de Kofi YAMGNANE dont le diabolique FABIUS expliquent sans doute le besoin de le positionner comme le Monsieur Afrique de HOLLANDE, éternel outsider panafricain chauffé et réchauffé, à l’approche des élections de 2016 au TOGO et au regard de l’agenda politique des prédateurs qui nous dirigent pour qui « l’Afrique est notre avenir » (titre du machiavélique rapport VEDRINE). Si nous ne contestons pas la pertinence de cette affirmation, nul n’est besoin de préciser que nous n’avons décidément pas la même vision d’un avenir commun fondé sur le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, de leurs ressources comme de celui de choisir librement leurs dirigeants… Reste une conviction : les girouettes nous fatiguent mais elles donnent le sens du vent ! Et il nous est favorable. 

Vive Laurent GBAGBO pour que vive la CÔTE D’IVOIRE libre et indépendante !

Christine TIBALA